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Marchés de Noël & Fêtes

Marchés de Noël de Strasbourg en 2020 : le sapin est resté, les 300 chalets ont disparu

Valérie Faure 7 min de lecture
Marchés de noel strasbourg 2020 : Grand Sapin sans chalets, place Kléber

En 2020, le marché de Noël de Strasbourg n’a pas eu lieu sous sa forme habituelle. La ville a renoncé aux quelque 300 chalets qui font l’identité du Christkindelsmärik, dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Le Grand Sapin de la place Kléber, les illuminations et certaines animations de Noël devaient toutefois être maintenus. Strasbourg a donc conservé ses symboles festifs, sans organiser son marché commercial traditionnel.

Ce qui a été annulé, maintenu ou envisagé en 2020

La formule « marché de Noël maintenu sans chalets » a pu entretenir une confusion. Les chalets ne sont pas un simple décor : ils accueillent les artisans, les producteurs, les forains et les commerçants non sédentaires. Sans ces installations, il n’y avait ni vente de produits de Noël, ni parcours de stands, ni activité économique comparable à celle des éditions précédentes. Pour les professionnels, la décision revenait donc bien à une annulation du marché.

Marchés de Noël Strasbourg 2020 : Grand Sapin et illuminations sans chalets place Kléber
Marchés de Noël Strasbourg 2020 : Grand Sapin et illuminations sans chalets place Kléber
Élément Situation en 2020 Ce que cela signifiait
Chalets du marché Supprimés Pas de marché commercial traditionnel dans le centre-ville
Grand Sapin Maintenu Installation prévue place Kléber, comme symbole de la période de Noël
Illuminations Maintenues Préservation de l’ambiance visuelle dans la ville
Animations Prévues de manière adaptée Une programmation sans concentration autour des chalets
Fréquentation touristique Attendue en forte baisse Moins de visiteurs et des retombées locales fortement fragilisées

Une décision annoncée le 22 octobre

Le 22 octobre 2020, la maire Jeanne Barseghian a retenu le scénario sans chalets. Deux options avaient été étudiées : une organisation avec environ 300 chalets ou une édition débarrassée de ces installations commerciales. Le second choix répondait à l’aggravation anticipée de la situation sanitaire et aux difficultés à faire respecter durablement la distanciation physique dans les rues les plus fréquentées.

Cette nuance compte pour comprendre la situation. Strasbourg n’a pas cessé de célébrer Noël dans l’espace public, mais son marché de Noël, au sens où l’entendent les visiteurs et les exposants, a marqué une pause. La page historique de Strasbourg Capitale de Noël identifie d’ailleurs 2020 comme une année d’annulation.

Pourquoi la crise sanitaire rendait les chalets incompatibles avec l’événement

Le marché de Noël de Strasbourg concentre habituellement une foule considérable dans un centre-ville ancien, composé de places, de rues étroites et de cheminements très fréquentés. Entre 2010 et 2014, l’événement attirait déjà environ 2 millions de visiteurs par an. Les estimations évoquaient ensuite plus de 2 millions de visiteurs. Dans ce contexte, contrôler les flux, éviter les attroupements et assurer une circulation fluide devenait particulièrement complexe.

Le risque ne se limitait pas à l’ouverture des stands

La question ne portait pas uniquement sur l’application des règles à l’intérieur d’un chalet. Elle concernait toute une chaîne de contacts : arrivée en train ou en voiture, files d’attente, croisements dans les allées, achats, restauration, hébergement et déplacements entre les places. Un marché réparti sur plusieurs sites reste un événement continu. Un point de congestion peut déplacer la foule vers le suivant. Élargir ponctuellement une allée n’aurait donc pas suffi à supprimer le risque.

La baisse attendue de la fréquentation ne garantissait pas non plus une circulation maîtrisable. Une affluence inférieure à la normale pouvait encore former des regroupements difficiles à gérer aux heures de pointe, devant les stands réputés ou autour des lieux emblématiques. La municipalité devait aussi composer avec les échanges nécessaires avec la préfecture et l’Agence régionale de santé, alors que les règles pouvaient évoluer rapidement.

Le Grand Sapin et les illuminations : ce qui restait de Strasbourg Capitale de Noël

Le maintien du Grand Sapin place Kléber a donné un visage à cette édition particulière. Son installation était prévue après sa coupe, avec une arrivée annoncée le 2 novembre. Depuis 2000, ce sapin est l’un des repères les plus connus de Strasbourg à Noël. Le conserver permettait de préserver un rendez-vous visuel pour les habitants, même en l’absence du marché.

Une ambiance festive, mais pas une activité marchande

Les illuminations et des animations dans la ville devaient également être maintenues. Il faut toutefois distinguer l’ambiance de Noël du marché de Noël. Les décorations pouvaient offrir une promenade et une continuité dans une période marquée par l’inquiétude. Elles ne pouvaient pas remplacer les revenus tirés de la vente d’artisanat, de spécialités alimentaires, de décorations ou de cadeaux.

Cette distinction explique les réactions parfois très vives des professionnels. Pour un visiteur, voir le sapin et les façades illuminées pouvait donner l’impression qu’une partie de la fête était préservée. Pour un exposant privé de stand, le cœur de la saison disparaissait. Le maintien des symboles conservait donc une portée culturelle et affective, mais ses effets économiques restaient limités.

Les conséquences pour les artisans, forains et hôteliers

Le marché de Noël représente habituellement un moteur important pour les commerces, les restaurants, l’hôtellerie et les acteurs touristiques. Les retombées économiques annoncées atteignaient 250 millions d’euros. La suppression des chalets touchait directement les vendeurs saisonniers, mais aussi les métiers qui dépendent de l’arrivée de visiteurs dans la ville.

  • Les forains et commerçants non sédentaires perdaient leur principal lieu de vente de fin d’année. Ils représentaient environ un tiers des chalets en bois.
  • Les artisans risquaient de conserver des stocks fabriqués pour la saison, sans la vitrine strasbourgeoise habituellement attendue.
  • Les hôteliers et restaurateurs subissaient l’absence de séjours touristiques, de repas et de consommations liées aux visiteurs.
  • Les commerces du centre-ville devaient faire face à une fréquentation plus faible, malgré les illuminations.

Un représentant des hôteliers évoquait déjà une perte de 70 % de chiffre d’affaires depuis le début de l’année 2020 pour son établissement, qui comptait 23 salariés. Ce chiffre illustre la fragilité du secteur, sans résumer à lui seul la situation de tous les professionnels. Les réactions traduisaient aussi un sentiment d’injustice : pour beaucoup, une saison entière de préparation, d’achats et de production se trouvait compromise en quelques jours.

Pourquoi 2020 reste une rupture dans l’histoire du marché

Le Christkindelsmärik remonte à 1570. Installé place Broglie à partir de 1870, l’événement s’est progressivement étendu et structuré jusqu’à devenir Strasbourg Capitale de Noël en 1992. Le Grand Sapin a pris place à Kléber en 2000, le Village du Partage a été créé en 2002 et le Marché Off a vu le jour en 2015. L’édition 2020 devait correspondre à la 450e édition.

La suspension a donc marqué une rupture dans cette histoire. Une précédente annulation historique était évoquée pour 1939/40, ce qui rendait la crise sanitaire particulièrement exceptionnelle. 2020 n’a pas été une simple modification de programme : l’absence des chalets a interrompu un rendez-vous multicentenaire et un repère majeur de l’identité touristique strasbourgeoise.

Le marché est revenu du 26 novembre au 26 décembre 2021, avec des adaptations. La ville envisageait alors une nouvelle spatialisation des chalets, des allées plus larges et un renforcement des dispositifs sanitaires et policiers. La comparaison est nette : 2020 a préservé les signes de Noël sans les chalets, tandis que 2021 a réintroduit le marché en modifiant son organisation pour mieux gérer les flux.

Pour consulter l’histoire institutionnelle et les informations actualisées de l’événement, le site officiel Strasbourg Capitale de Noël reste le point d’entrée le plus fiable. Il permet de replacer l’année 2020 dans une histoire longue, sans confondre le maintien du décor de fête avec l’existence effective du marché.

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